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Cross du Mont Blanc : Oser

  • 3 juil.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours


Oser quand la préparation est loin d'être optimale : On attend souvent d’être prêt, en réalité il y a un besoin de contrôle inavoué.


De la table d'opération au cross du Mont Blanc


De l’altitude 0 à l’altitude 2 000

De 38°C… au presque frais. (Enfin… pour moi 😅.)

De la mer… à la montagne.


Une préparation express glissée entre un agenda professionnel bien rempli, des déplacements, les gros travaux de la maison… et une rééducation qui n’est même pas complètement terminée.

Sur le papier, ce n’était pas franchement la préparation idéale...


Et pourtant.

Me voilà au départ du Cross du Mont-Blanc : 24 km, 1 700 m de dénivelé positif, face à un plateau international d’une densité impressionnante.

Etre ici est déjà une victoire : Il y a trois mois, je passais sur le billard après un magnifique salto avant en VTT.

Bon… Pour la note artistique en VTT, on repassera !


Le diagnostic, lui, était moins drôle :

  • fracture du poignet

  • intervention chirurgicale

  • une plaque en titane de 7 cm

  • un arrachement osseux dont je récupère encore

  • une luxation du cubitus.


Autant dire que mes préoccupations étaient déjà d'assurer le quotidien à une main et que le Cross du Mont-Blanc ressemblait davantage à une idée lointaine qu’à un objectif réaliste.

J’ai repris la course à pied le 1er mai, prudemment.

Puis j’ai réussi à caser un vrai bloc d’entraînement de trois semaines à partir du 1er juin.

Trois semaines.

Pas trois mois !

Alors non, je n’arrivais pas avec la préparation de mes rêves.

Mais j’avais envie de jouer les cartes que j’avais en main plutôt que de regretter celles que je n’avais pas.

Et ça, ça change tout.


5 h 45 : le jour du cross

Réveil naturel avec des oiseaux généreux.

Comme toutes les veilles de course, j’ai très bien dormi dans le van.

On me demande souvent si je suis stressée avant un départ.

Jamais, quelle que soit l'envergure de l'épreuve.

Je suis surtout curieuse.

Curieuse de voir ce que je suis capable de construire avec les cartes du moment.


J’ai mon plan de course en tête et mon plan de ravitaillement aussi.

C’est suffisant : on peut faire les choses bien sans monter des usines à gaz épuisantes.


Un plan de course ça sert à quoi ?


Ca sert à adopter une attitude, une façon d'être dans ta course.

Quand tout se passe bien, c’est facile.

Mais quand les sensations ne sont pas celles qu’on espérait, quand le doute s’invite ou que les imprévus arrivent, il devient un fil conducteur.

Il aide à rester mobilisé plutôt que de subir.


Ca ne sert pas uniquement à prévoir un chrono (qui est anxiogène)

Par contre, estimer tes temps de passage permet d'évaluer tes besoins en hydratation et nutrition pour porter uniquement le juste nécessaire.

Parce qu’une stratégie, ça se prépare avant le départ.


(Si ça t’intéresse : plan de course, plan de ravitaillement.)


6h50 - J'entre dans le SAS ELITE

Je m’échauffe sur les premiers kilomètres du parcours.

Il fait bon. Le massif du Mont-Blanc commence doucement à se réveiller.

Un coucou à Ludo Collet, la voix du trail.

Comme il le dit si bien :

« Performer, c’est bien. Durer, c’est encore mieux. »

Ma première participation à cet évènement date de 2014, j'étais sur le format Marathon du Mont-Blanc en 4h33 !

 

6 h 50 : J’entre dans le SAS Élite.

Autour de moi, les jeunes ont les crocs, les filles sont affûtées, des internationales et des professionnelles.

Pour ma part, j'ai un soutien minimal de Nutripure et Anita et lundi quoi qu'il se passe, je serai au boulot avec une autre réalité de vie et j'ai en plus de ma plaque en titane 20 ans de plus. 😅


Comme à mon habitude, je n’ai pas regardé la liste des inscrites.

Je sais simplement qu’il y a énormément de nationalités représentées et que le niveau est très relevé.

Ça me suffit.

Connaître les noms ne changerait absolument rien à ma course.

En revanche, ça pourrait facilement venir parasiter mon énergie.

Je préfère la consacrer à ce que je maîtrise.


Mon premier objectif est d’ailleurs très simple : Ne pas tomber.

Avec un poignet encore en reconstruction, il serait dommage que la journée s’arrête dans les cent premiers mètres.

Le simple fait d’être sur cette ligne de départ est déjà une petite victoire.

Et maintenant…

Place au jeu.

7h : le départ est donné

Les premiers kilomètres roulants défilent pour moi à 3’46”/km et une fréquence cardiaque flirtant avec les 176 pulsations.


Avec 3 semaines d’entraînement je ne peux pas faire mieux.


Je pourrais croire que je suis en train d’exploser.

En réalité… Je reste fidèle à mon plan.


À Montroc, Marie Hélène m’attend au Ravito 1. 

Je ne m’arrête pas, comme à nos habitudes, les choses se font avec aisance et fluidité en quelques secondes. Car dans ce type d’événement chaque seconde compte. 

 

Puis vient enfin la partie que j’aime, plus typée trail avec des sentiers techniques.

Je grimpe la montée du Béchar avec une idée en tête : Ne pas compromettre la suite.

Je sais que la descente est très technique avant de remonter à la Flégère (j’ai tout calculé avec mon plan de course, pas besoin de reco…) et c’est aussi la partie la plus risquée pour mon poignet …

Alors je reste lucide.

 

À ce moment-là, je suis dans le Top 15 féminin.

Place inhabituelle pour moi : sur une course de ce niveau je suis plutôt en top 10.

Et j’ai d’ailleurs en 2023 gagné le cross du mont blanc puis 2024, 2025 : 4ème.


Devant, il n’y a quasiment que des Espoirs (20-22 ans) et des Seniors (23-34 ans).

Les meilleures du plateau. Beaucoup sont professionnelles et/ou sponsorisées.

Moi, j’ai 45 ans (Master 2).

Je suis en train de me prendre une sacrée fessée…

…mais uniquement par des filles qui ont parfois plus de vingt ans de moins que moi.

Ça remet un peu les choses en perspective.


Plutôt que de subir cette réalité, je décide d’adapter ma stratégie (et c'est cette capacité mentale qui fait toute la différence en course...)


Après un nouveau raidar, je retrouve Mathieu et de l’ambiance qui reboostent à la Flégère.

Je cours ce type d’évent pour l’adrénaline, le fight, les émotions XXL que la vie ordinaire offre rarement. 

 

Reboostée, j’exerce une remontada.

La vue sur le massif du Mont Blanc enneigé est superbe, il fait super beau. 

Sur les six derniers kilomètres, je gagne une petite dizaine de places au classement général et deux places chez les femmes : Le plan de course fonctionne.


Je ne suis pas mes résultats

Au final :

  • 15e femme

  • 7e Française

  • 1re Master 2 devant les catégories Master 0 et Master 1.


Mais ce n’est pas ce que je retiens.

Je suis fière d’avoir osé malgré des coulisses loin d'être optimales.


C’est exactement ce que j'enseigne auprès des sportifs que j’accompagne en coaching, mais aussi chez les entrepreneurs, les dirigeants, officiers et toutes celles et ceux qui veulent progresser durablement.

La performance n’est pas réservée aux personnes qui disposent des meilleures conditions.

Elle appartient à celles qui savent s’adapter sans s'épuiser ni renoncer à leur personnalité.

Tu prépares un trail, un ultra ou un défi sportif ? Tu veux apprendre à construire un plan de course solide, gérer ton mental et performer durablement ? Contacte-moi pour développer une performance aussi efficace que durable.


Amandine FERRATO - J’accompagne les traileurs de tous niveaux, entrepreneurs, cadres supérieurs, officiers, exigeants et ambitieux à retrouver clarté, assurance et puissance intérieure.


Ceux qui doutent d’eux malgré leurs résultats, qui se sur-adaptent, ou qui vivent avec cette peur sourde de ne jamais en faire assez.


Contrairement aux accompagnements classiques axés uniquement sur la stratégie ou la productivité, mon approche réunit développement personnel profond, intelligence émotionnelle et leadership incarné.


Résultat : un quotidien aligné avec tes envies et valeurs et un sentiment de bien-être intérieur dans ton quotidien, dans ton business, et avec ton entourage.



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